Gao : patrimoine mondial de l’Humanité, Héritage de l’Empire Songhaï

La spectaculaire structure pyramidale du tombeau des Askia, édifiée par Askia Mohamed, Empereur du Songhaï, en 1495 dans sa capitale Gao, témoigne de la puissance et de la richesse de l’empire qui s’épanouit aux XVe et XVIe siècles grâce au contrôle du commerce transsaharien, notamment du sel et de l’or. L’ensemble, y compris la tombe pyramidale, les deux mosquées à toit plat, le cimetière de la mosquée et l’espace des assemblées en plein air, fut édifié lorsque Gao devint la capitale de l’Empire songhaï et après qu’Askia Mohamed eut fait de l’islam la religion officielle de l’Empire à son retour de La Mecque.

Valeur exceptionnelle

Critère (ii) : Le tombeau des Askia reflète la façon dont les traditions de construction locales ont intégré, en réponse aux besoins de l’islam, des influences de l’Afrique du Nord pour créer un style architectural unique dans le Sahel d’Afrique de l’Ouest.

Critère (iii) : Le tombeau des Askia est un vestige important de l’empire Songhaï qui domina les terres du Sahel d’Afrique de l’Ouest et contrôla le commerce lucratif transsaharien.

Critère (iv) : Le tombeau des Askia reflète la tradition architecturale caractéristique du Sahel d’Afrique de l’Ouest et en particulier l’évolution des édifices au fil des siècles à travers les pratiques traditionnelles régulières d’entretien.

Le tombeau des Askia reflète la manière dont les traditions de construction locales, répondant à des besoins islamiques, ont su absorber des influences venues du nord de l’Afrique pour créer un style architectural unique dans tout le Sahel de l’Afrique de l’Ouest. Le site reflète la tradition architecturale spécifique de cette région, et notamment la manière dont les constructions ont évolué, au fil des siècles, grâce à un entretien régulier, réalisé selon des techniques traditionnelles. C’est la caractéristique principale de la grande mosquée de Gao, qui domine la partie nord de cette ville, près du fleuve Niger.

Le site consiste en une tombe et une mosquée enfermée dans une enceinte. Cette dernière occupe la partie ouest, entre la tombe et le fleuve, et une partie de l’aire située au nord. La ville entourant le site n’est composée, en grande partie, que de maisons traditionnelles aux murs de terre et aux toits plats, entourées par des cours de plan régulier, disposées selon un plan rectiligne. La mosquée et la vieille ville de Gao forment ensemble l’un des sites majeurs de la partie centrale du Mali ; cette petite oasis occupe l’extrémité méridionale du désert du Sahara.

Le tombeau pyramidal est fait de briques crues revêtues d’un enduit de terre. Des pieux en bois tortueux hérissent la façade de la tombe, et permettaient de refaire facilement l’enduit. Du côté est, un escalier extérieur en colimaçon mène à son sommet. La forêt des échafaudages de bois, et les lignes sculptées de l’édifice, qui se sont développées au cours de siècles entiers de réfections de l’enduit, se combinent pour créer un ensemble architectural tout à fait unique.

Deux bâtiments de mosquée à toit plat. Du côté est de la tombe se trouve une grande salle de prière à toit plat, destinée aux hommes. Le plafond, fait de poteaux de bois recouverts de terre, repose sur 69 robustes piliers en brique crue enduits, carrés, proches l’un de l’autre, et disposés sur trois files. Le milieu du mur oriental du sanctuaire est occupé par un mihrab à double niche. Le cimetière de la mosquée , à l’extérieur du mur interne, entoure la tombe et la mosquée, et comporte de nombreuses stèles en pierre inscrites. Remontant à l’époque des Askia, il était encore utilisé à la fin des années quatre-vingt du XXe  siècle.

L’espace des assemblées à ciel ouvert. La partie orientale de la plus grande enceinte, dont la superficie est de l’ordre de un hectare, est un espace ouvert utilisé pour les prières collectives lors du festival de Tabaski. Il a été régulièrement utilisé depuis le XVe  siècle pour d’autres fonctions cultuelles, comme les mariages locaux au cours desquels les cérémonies islamiques se mêlaient de traditions animistes.

Gao, probablement fondée à la fin du VIIe  siècle, apparaît dans les chroniques arabes sous le nom de Kaw Kaw. La construction de la tombe, qui remonte au XIe siècle, est attribuée à Mohamed Aboubacar Sylla (Askia Mohamed), le fondateur de la dynastie Askia. La prospérité de son empire se fondait sur le contrôle des routes transsahariennes dirigées vers le nord, et de celles qui menaient des forêts vers sud, ainsi que sur le commerce de l’or et du sel qui empruntait ces voies. On raconte qu’Askia Mohamed, traversant l’Égypte pour se rendre à La Mecque, fut impressionné par les pyramides et décida de construire pour lui-même une tombe pyramidale. Toutefois, cet édifice se rattache aussi à une longue tradition saharienne de grands tumuli ancestraux ou de collines funéraires, telles qu’il en existait dès le Ier  millénaire av. J.-C. Ce choix peut également avoir été influencé par les minarets carrés, les escaliers à trois marches des zawiyas ibadites, ces sanctuaires de la région du Mzab, au sud de l’Algérie.

Au cours du règne d’Askia Mohamed, l’Empire songhaï devint, avec Tombouctou, le centre intellectuel et religieux de l’Afrique de l’Ouest, et développa des liens culturels et commerciaux étroits avec le nord de l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Différents conflits internes et l’importance croissante prise par les routes maritimes de l’Afrique occidentale au XVIe  siècle portèrent au déclin graduel de l’empire. Au milieu du XIXe  siècle, la ville était devenue un village de trois ou quatre cents maisons dans lequel ne subsistait plus qu’un monument, le tombeau des Askia.

La tombe semble avoir toujours été utilisée comme une partie de la mosquée : son nom d’Askia Djira , qui signifie littéralement « la mosquée d’Askia », paraît avoir été celui utilisé au cours de l’époque coloniale. Au cours des années soixante du XXe siècle, la salle de prière des hommes, jugée trop petite, a été agrandie en recourant à des techniques et à des matériaux traditionnels. La modification la plus importante apportée depuis au site a été la construction, en 1999, d’un vaste mur d’enceinte en ciment.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Gao est l’une des anciennes villes d’Afrique au sud du Sahara. Probablement fondée à la fin du VIIe siècle, elle apparaît au XIe siècle dans les chroniques arabes sous le nom de Kaw Kaw. En 1137, elle devint la capitale de l’empire Songhaï.

La construction du tombeau est attribuée à Mohamed Aboubacar Sylla, neveu de Sonni Ali Ber, qui régna de 1464 à 1492 et étendit les limites de l’empire Songhaï par de nombreuses batailles contre les Touaregs nomades, les Peuls et les Mossi qui harcelaient les frontières de l’empire. À la mort de Sonni Ali Ber, son neveu Mohamed Aboubacar Sylla, connu sous le nom de Askia Mohamed, inaugura la dynastie des Askia.

Askia Mohamed a poursuivi les politiques expansionnistes de son oncle et agrandi l’empire jusqu’à la côte atlantique à l’ouest, jusqu’à l’Aïr au nord (aujourd’hui au Niger) et au sud jusqu’aux limites de la forêt. La prospérité de l’empire reposait sur le contrôle des routes transsahariennes au nord, des routes en provenance de la forêt au sud, et du négoce de l’or et du sel qui les traversait. L’empire était un successeur des empires plus anciens du Ghana et du Mali, qui ont eux aussi prospéré grâce au contrôle des précieuses routes marchandes.

On dit qu’Askia Mohamed, lorsqu’il traversa l’Égypte lors de son pèlerinage pour la Mecque, fut très impressionné par les pyramides et décida à son retour de construire un tombeau pyramidal. Cependant, on pourrait aussi penser que ce tombeau s’inscrit dans la tradition saharienne ancestrale de tumuli ou de tertres funéraires érigés sur les tombeaux dès le premier millénaire av. J.-C. Ce style pourrait aussi avoir été influencé par les minarets carrés, les escaliers à trois marches des zawiyas ibadites, ou sanctuaires sacrés, de la région du Mzab au sud de l’Algérie, un lien peut-être renforcé par les nombreux érudits ibadites qu’accueillit Askia Mohamed.

Sous le règne d’Askia Mohamed, l’empire Songhaï devint, avec Tombouctou, le centre intellectuel et religieux d’Afrique de l’Ouest, instaurant des liens culturels et commerciaux forts avec l’Afrique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient.

Des querelles internes et l’importance croissante des routes maritimes vers l’Afrique de l’Ouest au XVIe siècle a entraîné le déclin progressif de l’Empire. Au milieu du XIXe siècle, il était devenu un village de trois à quatre cent maisons, avec un seul monument restant : le tombeau des Askia.

Il y a débat quant à la question de savoir si Askia Mohamed a été enterré dans le tombeau à son décès en 1529. De l’avis général à Gao, son corps ne s’y trouve pas et il fut enterré totalement à l’écart du site.

Le tombeau semble avoir toujours été utilisé en tant que partie de la mosquée – on dit que le nom Askia Djira, littéralement la mosquée de l’Askia, fut le sien jusqu’à l’ère coloniale.

Dans les années 1960, la salle des prières pour les hommes fut jugée trop petite et fut agrandie. Deux nouvelles rangées de colonnes furent construites le long des quatre rangées d’origine. En 1975, le bâtiment fut encore agrandi pour englober le mihrab, isolé à l’origine dans la cour. Tous ces travaux furent effectués à l’aide des techniques et matériaux traditionnels et ils s’intègrent bien à l’original. Le plus grand changement du site est la construction en 1999 d’un grand mur d’enceinte en ciment, apparemment nécessaire pour garder le contrôle des usages du site.

Source : UNESCO/CLT/WHC- http://whc.unesco.org/fr/list/1139

Tombouctou : prestigieux vestige de l’Empire du Mali, remarquable patrimoine mondial de l’Humanité

Dotée de la prestigieuse université coranique de Sankoré et d’autres medersa, Tombouctou était aux XVe et XVIe siècles une capitale intellectuelle et spirituelle et un centre de propagation de l’islam en Afrique. Ses trois grandes mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia) témoignent de son âge d’or. Bien que restaurés au XVIe siècle, ces monuments sont aujourd’hui menacés par l’avancée du sable.

Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par l’imam Al-Aqib au XVIe siècle, témoignent de l’âge d’or de la capitale intellectuelle et spirituelle de la fin de la dynastie Askia. Elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’islam en Afrique à une époque ancienne.

On pense que Tombouctou a été fondé vers la fin du Ve siècle de l’hégire par un groupe de Touaregs Imakcharen qui, ayant voyagé sur 250 km au sud de leur base, établirent un camp temporaire gardé par une vieille femme, Bouctou. Peu à peu, Tim-Bouctou (le lieu de Bouctou) devint un petit village sédentaire à la croisée de plusieurs routes commerciales. Très tôt convertie à l’islam (les deux grandes mosquées de Djingareyber et de Sankore ont été construites au cours de la période mandingue), la ville-marché de Tombouctou a atteint son apogée sous la dynastie Askia (1493-1591). Elle devint ensuite un important centre de culture coranique, avec l’université de Sankore et de nombreuses écoles fréquentées, dit-on, par quelque 25 000 élèves. Dans les rues de ce centre intellectuel et religieux, savants, ingénieurs et architectes venus de différentes parties de l’Afrique se mêlaient aux sages et aux marabouts. Très tôt, Tombouctou attira les voyageurs venus de pays lointains.

Bien que les mosquées d’El-Hena, Kalidi et Algoudour Djingareye aient été détruites, trois monuments essentiels – les mosquées de Djingareyber, de Sankore et de Sidi Yahia – témoignent encore aujourd’hui de la grandeur de Tombouctou.

La mosquée de Djingareyber a été construite par le sultan Kankan Moussa après son retour d’un pèlerinage à La Mecque, en 1325. Entre 1570 et 1583, l’imam de Tombouctou, Al-Aqib, la fit reconstruire et agrandir en ajoutant toute sa partie sud et le mur de clôture du cimetière situé à l’ouest. Le minaret central domine la ville ; c’est le principal point de repère dans le paysage urbain actuel. Sur la façade orientale, un minaret moins haut complète le profil de la grande mosquée, qui possède trois cours internes.

Comme la mosquée de Djingareyber, celle de Sankore, construite au cours de la période mandingue, a été restaurée par l’imam Al-Aqib entre 1578 et 1582. Ayant fait démolir le sanctuaire, il le reconstruisit en reproduisant les mesures de la Kabaa à La Mecque, qu’il avait prises lui-même avec une corde au cours de son pèlerinage.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de celle de Sankore, a probablement été construite vers 1400 par le marabout Cheikh El-Moktar Hamalla pour anticiper la venue d’un saint homme qui apparut effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, qui fut alors choisi comme imam. Elle a été restaurée en 1557-78 par l’imam Al-Aqib. Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Le mausolée le plus ancien est celui de Cheikh Abul Kassim Attouaty, qui mourut en l’an 936 de l’hégire (1529) et fut enterré 150 m à l’ouest de la ville, avec 50 oulémas et saints hommes originaires de Touat. De la même période, les tombeaux du savant Sidi Mahmoudou, qui mourut en 955 de l’hégire, et celui de l’imam Al-Aqib, le restaurateur des mosquées, qui mourut en l’an 991 de l’hégire (1583), présentent également un grand intérêt.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Sauvons le patrimoine du Mali

Appel des institutions spécialisées et des professionnels du patrimoine
pour la sauvegarde du patrimoine culturel malien

L’ensemble des institutions spécialisées et professionnels du patrimoine se joignent à l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA pour lancer le présent appel, véritable cri du cœur et d’inquiétude extrême face à l’urgence pour la sauvegarde du patrimoine culturel du Mali en tant que bien de l’Afrique et de l’humanité toute entière. Cet appel fait suite à la crise aigue qui, depuis le 24 mars 2012, touche le Nord de la république du Mali avec la présence des forces du MNLA, de Ansar Ad-Din, AQMI et autres groupes armés fondamentalistes, provoquant une situation des plus tragiques qui fait craindre le pire pour le devenir du patrimoine culturel du Mali reconnu pour sa civilisation millénaire.

En effet, les récentes profanations de deux mausolées de Saints à Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l’Unesco, perpétrées le vendredi 4 mai par des groupes fondamentalistes d’Ansar Ad-Din, ainsi que les fortes menaces qui pèsent sur tous les biens situés dans le nord, viennent confirmer la crainte des institutions spécialisées et professionnels du patrimoine très préoccupés par la tragique situation générale du patrimoine au Mali, qu’il convient de dénoncer et de condamner avec la plus grande fermeté.

Le Mali, il convient de le rappeler, possède un patrimoine culturel extrêmement riche et varié qui constitue une preuve éloquente de la contribution de l’Afrique à la civilisation universelle. En témoignent les nombreux manuscrits anciens de Tombouctou (capitale intellectuelle et spirituelle, centre de propagation de l’islam en Afrique aux XIVè, XVè et XVIè siècles), les célèbres édifices de terre et structures de villes anciennes, les terres cuites du delta intérieur du Niger, autant d’exemples qui signent les traditions séculaires qui ont forgé l’histoire des grands empires du sahel à la savane. Aujourd’hui, ce pays compte quatre sites tangibles inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : les villes anciennes de Djenné (1988) ; Tombouctou (1988) ; les Falaises de Bandiagara, pays dogon (1989) et le Tombeau des Askia, Gao (2004). Citons également six éléments inscrits sur les Listes représentative et de sauvegarde urgente du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, à savoir l’Espace culturel du yaaral et du degal (2008) ; la réfection septennale du toit du Kamablon (2009) ; la Charte du Mandé, proclamée à Kouroukan fouga (2009) ; le Sanké mon, rite de pêche collective dans le Sanké (2009) ; les pratiques et expressions culturelles liées au balafon des communautés Sénoufo du Mali et du Burkina Faso (2011) et la société secrète des Kôrêdugaw,  rite de sagesse du Mali (2011).

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De nombreux marqueurs et lieux du patrimoine plus récents tels les musées, monuments, mémoriaux, conservatoires, centres et espaces culturels sont autant d’indicateurs culturels témoignant du dynamisme culturel et intellectuel du Mali aujourd’hui malheureusement sous la double menace de l’intolérance, du pillage et du trafic illicite de ses biens culturels.

A cela s’ajoute une grave crise humanitaire qui se manifeste par un déplacement massif des populations, celles du nord notamment , tant à l’intérieur qu’en direction des pays frontaliers , dans des conditions extrêmement difficiles, faites d’insécurité et d’humiliation comme on peut s’y attendre. Ainsi, à la date du 5 avril 2012, le nombre de population déplacé dont une majorité de femmes, d’enfants et de jeunes, était estimé à plus de 235 000 âmes selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires du système des Nations Unies. Or, ce qu’un pays a de plus précieux, c’est son patrimoine culturel et ses hommes, en particulier sa jeunesse.

Les menaces sécuritaire, économique et identitaire engendrées par cette situation tragique ainsi que les effets collatéraux, s’inscrivent aussi bien dans un contexte géopolitique plus global qui risque de déstabiliser durablement toute la région sahélienne et bien au-delà.

Face à ce constat catastrophique, le présent appel se veut une opportunité exceptionnelle de constituer un réseau de plaidoyer et de pression afin d’informer et de sensibiliser l’opinion nationale et internationale.

A cet effet, l’application des Conventions internationales relatives à la protection du patrimoine culturel, naturel et immatériel interpelle aujourd’hui la Communauté internationale, notamment l’Unesco et les autres institutions internationales et régionales en charge du patrimoine pour des actions rapides ; il conviendrait d’évaluer les menaces et dégâts sur les biens, d’organiser des rencontres professionnelles sur cette question. Ces cercles de réflexion trouveront un appui substantiel dans la « Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé adoptée à la Haye – 1954 » ; la « Convention 1972 de l’Unesco concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel »; la « Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels – 1970» et la « Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel - 2003 ».

Notre appel s’adresse également à la responsabilité de toutes les autorités politiques et administratives ainsi qu’à l’armée nationale de la République du Mali afin que l’intérêt supérieur de la nation malienne prime pour assurer un processus soutenu de retour à l’ordre constitutionnel et à la normalisation dans le nord du pays.

Cet appel invite aussi tous les protagonistes sur le terrain à veiller au strict respect, à la préservation, à l’intégrité et la sécurité des biens culturels et des personnes dans toutes leurs composantes et dimensions, notamment dans les zones de crise à Tombouctou, Gao, Kidal et partout ailleurs au Mali.

Enfin, nous demandons aux pays voisins du Mali dont nous louons le sens de l’hospitalité et de la solidarité africaine de veiller, pour éviter d’éventuels transferts illicites d’objets et œuvres d’art du Mali, à l’efficacité des contrôles par leurs services de douanes et de gendarmeries aux frontières.

Source :

1) Porto-Novo, le 23 mai 2012, Mise à jour le Mardi, 05 Juin 2012 15:37 - http://epa-prema.net/fr/component/content/article/370-appel-mali.html

2) en.wikipedia.org/wiki/Timbuktu_Manuscripts

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