Contre les atteintes aux Droits Humains au Mali

Les guerres en Irak et en Afghanistan (entre autres) nous ont montré ce que de grandes armées comme celles des Etats-Unis sont capables de commettre comme crimes sur des théâtres d’opération.

La guerre d’Algérie a montré à la France la face la plus cruelle de son armée. Le FLN alégrien n’a pas échappé à la barbarie. 

Toute guerre charrie son lot d’inhumanités, d’exactions, d’actions arbitraires, généralement commis par des armées régulières. Surtout quand elles sont en face de groupes de type guérilla et/ou terroristes, sans aucune morale, sans aucun respect des Lois de la guerre.

Il va de soi donc que l’armée malienne défaillante à de multiples niveaux, et humiliée, est susceptible de commettre des exactions contre toutes sortes de populations.

Toutefois, une évidence (parfois il est bon de rappeler des évidences), les Droits de l’Homme ne sont pas à brandir à géométrie variable.

Toutes les violations qui ont eu lieu depuis un peu plus d’un an, doivent être combattues avec la dernière énergie. Toutes. 

Tout cela doit être rapporté avec esprit de rigueur, d’objectivité et d’impartialité. 

Exemples d’atteintes récentes aux Droits de l’Homme :

  • Le massacre d’Aguelhok (24 janvier 2012) a été un des premiers et est certainement un des plus importants en volume, sur toute la période. La coalition MNLA/Salafistes radicaux a exécuté une centaine de soldats de l’armée malienne (une balle dans la tête pour certains, égorgés pour d’autres, en fonction des origines ethniques…)
  • Dès la prise des grandes villes du Nord après le coup d’Etat, des femmes et des jeunes filles mineures ont été victimes de viols, parfois collectifs, commis par des hommes armés du MNLA, notamment à Ménaka et à Gao.
  • Les islamistes ont commis d’énormes violations des Droits Humains comme chacun le sait, dans l’application de "leur charia" et dans des agressions criminelles diverses. Sans compter les atteintes au patrimoine culturel.
  • L’armée malienne a commis de nombreuses exactions contre des civils innocents (notamment les 18 prêcheurs à Djabali,dont 12 Mauritaniens) mais aussi contre le régiment des parachutistes commando, dont de nombreux membres ont été torturés pour certains, vraisemblablement tués pour d’autres. Sans compter ceux qui sont emprisonnés sans fondement. En effet, 29 "bérets rouges" restent en détention malgré une ordonnance de liberté provisoire du 18 janvier de cette année.
  • Certains peuls ont rejoint les rangs du MUJAO. Des règlements de compte commenceraient à menacer des Peuls du Nord par simple soupçon d’être pro-"Jihadistes"

Comme dans toutes les guerres, il y a eu, il y a et il y aura des atteintes aux Droits Humains. 

On ne peut donc qu’appeler à la vigilance et dénoncer quand elles sont avérées, des exactions commises par l’Armée malienne.

Par contre, il est important d’éviter de mettre la lumière sur un groupe au détriment d’un autre.

Le MNLA, Ansar Dine, le MUJAO, Boko Haram,  AQMI et l’Armée malienne étaient jusqu’à présent les principaux acteurs armés en présence. Et ce sont eux qui ont commis les atteintes aux Droits de l’Homme. Tous, sans exception ni parti pris, devront rendre des comptes à la mesure de ce qu’ils ont commis comme actes. La milice Ganda Koy ("Les maîtres de la terre" ) également devra être observée avec vigilance. Car elle est constituée de Songhaï, la population majoritaire du Nord du Mali. Celle qui y avait créé le grand Empire Songhaï.  

Car pour mémoire, même si cela est aussi une évidence, le Nord est composé à plus de 80% de populations non-Touaregues… Mais problème, le MNLA s’affiche comme porte-drapeau de tout un groupe ethnique minoritaire au nom duquel il a pris les armes, pour revendiquer l’indépendance d’un territoire plus grand que la France ! Or le MNLA ne représente qu’une fraction de la minorité…En effet, personne n’a fait de sondages auprès des Touaregs pour tester la représentativité du MNLA. Même s’il représentait 50% des Touaregs, cela ferait moins de 10% de la population du Nord …L’"indépendance" promue par le MNLA aurait consister à prendre en otage 90% de la population …

Des affrontements inter-communautaires sont donc à craindre également…Car ces prétentions doublées de plus d’un an d’occupation par le MNLA et les salafistes narcotraficants et ensuite seulement ces derniers, ont ulcéré et radicalisé la majorité silencieuse de la population du Nord. Avec à la clé, des risques de violations des Droits de l’Homme.

Pour toutes ces raisons, les appels à la vigilance devront être mesurés (car il y a eu et il y aura des manipulations de toutes parts) et être adressés à toute les parties. Le MNLA qui a de nombreux soutiens en France, ne devra pas échapper à la règle…

Il est grand temps que les Maliens, quelque soit l’apparence de leur phénotype, la diversité de leurs langues, la variété de leurs ethnies et régions, mettent en pratique la devise : Un peuple, Un but, Une foi".

Et n’oublions pas, le MUJAO n’est ni "Blanc", ni "Noir", ni Malien, ni étranger, il est tout cela à la fois.  Que feront les pauvres types comme le fameux Capitaine Konaté qui, dans un récent reportage de France 24 http://www.france24.com/fr/20130221-fr-debat-mali-touareg-armee-malienne-partie1 laisse penser que Malien "Blanc" = terroriste effectif ou potentiel ? Qu’il aille donc faire un tour à Gao…Sa vision du monde "Noir" et "Blanc", primaire et simpliste, mais rassurante pour des injustes comme lui, comme peut l’être celle du MNLA par exemple, sur un autre terrain, ne tiendrait pas une seconde face à la réalité. Il y a de fortes chances que le prochain coup de canon ou d’AK 47 proviennent d’un Noir qu’il pensait ami parce que partageant le même phénotype…

Il est grand temps de faire émerger un leadership N-A-T-I-O-N-A-L et R-E-P-U-B-L-I-C-A-I-N pour éviter de mourir du risque d’amalgame après avoir failli mourir de revendications fantaisistes à l’origine de tous ces problèmes…

Il est grand temps d’ordonner de manière diligente une Justice Impartiale pour sanctionner les abus de droit.

Tout cela ne se fera pas en une nuit. Il faudra être patient. Mais chacun à son niveau devra dénoncer systématiquement les abus et faire ce qu’il peut pour contribuer à faire sortir un nouveau Mali de ce cauchemar. Plus juste, plus républicain, plus intègre, plus national, plus prospère.

Tombouctou : prestigieux vestige de l’Empire du Mali, remarquable patrimoine mondial de l’Humanité

Dotée de la prestigieuse université coranique de Sankoré et d’autres medersa, Tombouctou était aux XVe et XVIe siècles une capitale intellectuelle et spirituelle et un centre de propagation de l’islam en Afrique. Ses trois grandes mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia) témoignent de son âge d’or. Bien que restaurés au XVIe siècle, ces monuments sont aujourd’hui menacés par l’avancée du sable.

Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par l’imam Al-Aqib au XVIe siècle, témoignent de l’âge d’or de la capitale intellectuelle et spirituelle de la fin de la dynastie Askia. Elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’islam en Afrique à une époque ancienne.

On pense que Tombouctou a été fondé vers la fin du Ve siècle de l’hégire par un groupe de Touaregs Imakcharen qui, ayant voyagé sur 250 km au sud de leur base, établirent un camp temporaire gardé par une vieille femme, Bouctou. Peu à peu, Tim-Bouctou (le lieu de Bouctou) devint un petit village sédentaire à la croisée de plusieurs routes commerciales. Très tôt convertie à l’islam (les deux grandes mosquées de Djingareyber et de Sankore ont été construites au cours de la période mandingue), la ville-marché de Tombouctou a atteint son apogée sous la dynastie Askia (1493-1591). Elle devint ensuite un important centre de culture coranique, avec l’université de Sankore et de nombreuses écoles fréquentées, dit-on, par quelque 25 000 élèves. Dans les rues de ce centre intellectuel et religieux, savants, ingénieurs et architectes venus de différentes parties de l’Afrique se mêlaient aux sages et aux marabouts. Très tôt, Tombouctou attira les voyageurs venus de pays lointains.

Bien que les mosquées d’El-Hena, Kalidi et Algoudour Djingareye aient été détruites, trois monuments essentiels – les mosquées de Djingareyber, de Sankore et de Sidi Yahia – témoignent encore aujourd’hui de la grandeur de Tombouctou.

La mosquée de Djingareyber a été construite par le sultan Kankan Moussa après son retour d’un pèlerinage à La Mecque, en 1325. Entre 1570 et 1583, l’imam de Tombouctou, Al-Aqib, la fit reconstruire et agrandir en ajoutant toute sa partie sud et le mur de clôture du cimetière situé à l’ouest. Le minaret central domine la ville ; c’est le principal point de repère dans le paysage urbain actuel. Sur la façade orientale, un minaret moins haut complète le profil de la grande mosquée, qui possède trois cours internes.

Comme la mosquée de Djingareyber, celle de Sankore, construite au cours de la période mandingue, a été restaurée par l’imam Al-Aqib entre 1578 et 1582. Ayant fait démolir le sanctuaire, il le reconstruisit en reproduisant les mesures de la Kabaa à La Mecque, qu’il avait prises lui-même avec une corde au cours de son pèlerinage.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de celle de Sankore, a probablement été construite vers 1400 par le marabout Cheikh El-Moktar Hamalla pour anticiper la venue d’un saint homme qui apparut effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, qui fut alors choisi comme imam. Elle a été restaurée en 1557-78 par l’imam Al-Aqib. Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Le mausolée le plus ancien est celui de Cheikh Abul Kassim Attouaty, qui mourut en l’an 936 de l’hégire (1529) et fut enterré 150 m à l’ouest de la ville, avec 50 oulémas et saints hommes originaires de Touat. De la même période, les tombeaux du savant Sidi Mahmoudou, qui mourut en 955 de l’hégire, et celui de l’imam Al-Aqib, le restaurateur des mosquées, qui mourut en l’an 991 de l’hégire (1583), présentent également un grand intérêt.

Source : UNESCO/CLT/WHC

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